Barre d'Etel , 67 ans après le drame = 9 morts , la tragédie Bombard ,les Etellois s'en souviennent encore .
La première des deux expérimentations du Dr Bombard à Etel, le 18 août 1958. Le 3 octobre de la même année, la deuxième expérimentation, sur la barre, a tourné au drame causant neuf morts dont cinq sauveteurs en mer.
Signalée par les " instructions nautiques " du service hydrographique de la marine comme un des dangers les plus, redoutables de la région, la barre du petit port breton est formée par un vaste banc de sable au milieu de la passe. Le haut fond affleure et découvre parfois à basse mer. Même par temps calme cet obstacle naturel soulève en permanence un fort rouleau que les habitués n'abordent pas sans précautions, et il suffit qu'un vent moyennement fort souffle, comme vendredi, à l'entrée de l'anse pour que des vagues de plus de 2 mètres de haut s'élèvent au-dessus des autres et déferlent sur place avec violence.
C'est à raison même de ces difficultés que l'endroit avait été choisi le 18 août dernier par Alain Bombard pour montrer aux pêcheurs que les canots pneumatiques résistent à toutes les mers. Il faisait beau. L'embarcation, montée par dix hommes, avait résisté sans peine aux secousses de la lame. " C'est trop facile aujourd'hui, avait alors déclaré le " naufragé volontaire "; il faudra recommencer par gros temps à l'automne. "
Vendredi 3 octobre 1958, Alain Bombard veut tester son radeau de survie qu’il a imaginé. Celui qui avait traversé l’Atlantique, seul à bord d’un canot pneumatique baptisé l’Hérétique, compte, ce jour-là, franchir la barre d’Etel.
Malgré une mer démontée, le radeau pneumatique est mis à l’eau avec sept hommes à bord. Quelques instants plus tard, l’embarcation se retourne. Un canot de sauvetage, le « Vice-Amiral Schwerer II », à bord duquel 12 hommes ont embarqué, se porte à son secours mais un bout se prend dans l’hélice. Le canot se met alors en travers de la vague et chavire à son tour sous l’effet d’un autre rouleau.
Neuf morts, dont cinq sauveteurs
Sur zone, un remorqueur récupère quatre hommes réfugiés sur la coque retournée du canot. Les autres sont prisonniers sous la coque. Au total, neuf personnes vont trouver la mort, dont cinq sauveteurs en mer et quatre qui se trouvaient sur le radeau.
Parmi les rescapés, il y avait Jo Luro, 18 ans, au moment des faits. Ce drame, il l’attribue d’abord à l’improvisation, à l’image de son embarquement dans cette aventure. « Je passais sur le quai, j’ai reconnu ceux qui s’apprêtaient à embarquer, on m’a dit : Tu viens voir », confiait-il dans nos colonnes, en 2008. Et c’est en toute confiance que tous ont embarqué. « Il y avait le canot de sauvetage, l’inspecteur de la navigation, l’administrateur de la marine, etc. On ne voyait pas le danger ». Seul le maire d’Étel de l’époque, Alfred Morvan, avait exprimé son désaccord. Inquiet du gros temps sur la barre, dû à une marée descendante s’opposant à un vent de sud, il n’a pas été entendu.
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